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FAQ
L'incinération des ordures
1) Est-ce que l'incinération des ordures pollue l'atmosphère ?
Oui, lorsqu'elle a lieu à l'air libre. C'était la règle avant la création des usines d'incinération et c'est encore trop souvent le cas avec les feux de jardin ou de cheminée. Dans une usine d'incinération comme Cridor, toutes les mesures sont prises pour réduire les émissions polluantes de manière drastique. Cridor respecte les normes sévères édictées par la Confédération et est soumise à des contrôles réguliers effectués par le Service cantonal neuchâtelois de la protection de l'environnement. En outre, les concentrations de CO, NO et SO2 sont mesurées en continu. La fumée qui sort de la cheminée de Cridor ne contient que de l'azote et de la vapeur d'eau.
2) L'incinération des ordures dégage beaucoup d'énergie. Qu'en faites-vous?
Dès sa conception dans les années 1960, Cridor a été pensé non pas comme une simple usine d'incinération mais comme un véritable centre de valorisation des déchets. Il était prévu dès le départ de récupérer l'énergie dégagée par l'incinération pour chauffer des immeubles et couvrir les besoins de l'usine en électricité. L'énergie dégagée par l'incinération produit 24 tonnes de vapeur à l'heure à une pression de 40 bars environ (marmite à vapeur: 1,3 bar) et une température proche de 400°C. Cette vapeur est envoyée sur les aubes d'une turbine qui entraîne un alternateur. La production globale d'énergie est de 50 000 MWh par an. La plus grande partie est affectée au réseau de chauffage urbain, qui alimente plus de 100 immeubles de La Chaux-de-Fonds (usines, écoles, centres commerciaux, grands ensembles d'habitation) et couvre l'équivalent des besoins de 15 000 ménages. Ce qui n'est pas utilisé pour le chauffage est transformé en électricité, notamment en été. Pour en savoir plus sur la production d'énergie de Cridor
3) Quelle est la quantité de déchets incinérés quotidiennement?
Quelque 50 000 tonnes de déchets sont incinérées chaque année. Compte tenu d'un arrêt annuel de quatre semaines pour l'entretien, l'usine incinère environ 150 tonnes de déchets par jour, samedi et dimanche compris. Les livraisons sont cependant concentrées sur les jours ouvrables, ce qui représente 200 tonnes par jour.
4) L'incinération des déchets provoque-t-elle des odeurs désagréables aux alentours de l'usine?
L'usine a été conçue pour protéger l'environnement en général, donc également le voisinage. Une attention toute particulière a été accordée aux nuisances potentielles liées à notre activité: bruit, odeurs, poussières. L'usine est en dépression, c'est-à-dire que l'air circule uniquement de l'extérieur vers l'intérieur, ce qui empêche les odeurs de se répandre vers l'extérieur. En outre, les émissions polluantes sont strictement contrôlées (voir question 1) et seules de l'azote et de la vapeur d'eau sortent de la cheminée.
5) Est-ce que vous pouvez brûler des déchets comme des piles ou des produits chimiques?
Techniquement, nous pouvons brûler les piles, mais ce n'est pas une solution idéale. Dans notre effort de promotion du tri à la source, nous mettons particulièrement l'accent sur les piles car c'est la principale source de métaux lourds avec les circuits électroniques. Notre installation permet certes de piéger ces substances, qui se retrouvent dans les cendres volantes, mais les coûts liés à l'élimination des cendres sont très élevés. Le recyclage des matériaux nobles qui constituent les piles est bien maîtrisé, c'est pourquoi nous pensons qu'il ne devrait plus y en avoir dans les poubelles. Quant aux produits chimiques, ils ne sont pas incinérés à Cridor mais sont éliminés dans des installations spécifiques. Eux non plus ne doivent pas être mis dans la poubelle. Des ramassages spéciaux sont organisés dans les communes. Veuillez consulter le mémento des déchets ou vous informer auprès de votre administration communale.
6) D'où proviennent les déchets que vous incinérez?
Veuillez vous référer au chapitre zone desservie.
Même en période estivale, le réseau de chauffage à distance soutire de l'énergie thermique à Cridor pour assurer la production d'eau chaude sanitaire. Le solde d'énergie à disposition est utilisé pour produire de l'électricité. (Voir le détail de la production d'énergie à la question 2)
8) Vous utilisez de l'eau pour traiter vos fumées; qu'advient-il ensuite de cette eau?
La consommation d'eau est très importante à Cridor et nous veillons à utiliser rationnellement ce précieux liquide. Dans la mesure du possible, nous utilisons plusieurs fois la même eau, par exemple pour laver les gaz de combustion après avoir refroidi les circuits de la turbine.
L'eau que nous utilisons est donc progressivement polluée par certains processus. C'est pourquoi nous disposons d'une station d'épuration interne permettant de garantir que l'eau que nous rejetons est conforme aux normes de rejet en rivière. Le détail de cette installation peut être visualisé en pointant sur le rectangle bleu situé en bas à droite du schéma de principe.
Notre but n'est pas d'incinérer le maximum de déchets mais de promouvoir un comportement rationnel des usagers et de trouver des solutions économiques pour la gestion des déchets dans notre bassin de récupération. Notre premier objectif est donc de favoriser le tri à la source.
10) Combien coûte l'incinération d'une tonne de déchets?
L'incinération des déchets ménagers est facturée 215 fr. la tonne aux communes actionnaires de Cridor SA, ce qui représente environ 70 fr. par habitant et par année. Ce prix a été en constante diminution ces dernières années. Lors de la construction de la nouvelle usine, les prévisions se montaient à 104 fr. par habitant. Une gestion extrêmement serrée a permis de réaliser ce résultat remarquable.
11) Que faites-vous des restes de déchets qui n'ont pas brûlé?
Nous n'avons en principe pas de déchets combustibles qui n'ont pas brûlé. Vous pensez certainement aux résidus de la combustion. Ils sont de deux natures:
a) Les scories ou mâchefers,
composés des éléments incombustibles comme la ferraille et le verre non triés, du sable (aspirateur de ménage), des produits de la minéralisation des déchets lors de la combustion, etc. Ces mâchefers représentent 20% du poids ou 8 à 10% du volume des déchets livrés à l'usine d'incinération. Ils sont acheminés à la décharge de Celtor, à Tavannes, spécialement aménagée selon les normes de la Confédération pour traiter ce type de déchets.
b) Les cendres volantes,
qui sont de fines particules entraînées par les gaz de combustion et récoltées au bas de la chaudière et surtout dans l'électrofiltre. Elles représentent environ 2% du poids des déchets. Les cendres se distinguent des mâchefers par le fait qu'elles contiennent les métaux lourds issus du processus d'incinération. Elles subissent un premier traitement à Cridor et sont ensuite envoyées à ISDS, à Oulens (VD). Cette entreprise, dont les usines d'incinération et les cantons romands sont actionnaires, est chargée de gérer l'Installation de Stockage pour Déchets Stabilisés. Nos cendres sont donc déposées dans la décharge la plus moderne d'Europe sous l a forme d'un monolithe de béton dans lequel les métaux lourds sont définitivement piégés.
Le compostage - La Tournée verte
1) Comment fonctionne le compostage?
Le compostage est une transformation des "déchets verts" ou déchets organiques en un humus riche en oligo-éléments, comparable à du terreau. Cette transformation peut se faire avec apport d'air (oxygène); on parle alors de décomposition aérobie. En milieu fermé, on peut également dégrader (transformer) les déchets organiques. Il s'agit cette fois de décomposition anaérobie (sans air). On obtient, par cette méthode, du biogaz méthane (CH4) plus du gaz carbonique (CO2). Les déchets solides en résultant doivent être compostés par le système aérobie, plus simple à mettre en application et plus facilement maîtrisable que le système anaérobie: les investissements sont moins importants et l'exploitation plus aisée.
2) omment fabriquez-vous le compost?
Les matériaux bruts (déchets verts) sont déversés sur une aire de stockage. Un mélange se fait entre les gazons, riches en azote, et les branchages, riches en carbone. Le rapport idéal C/N (carbone/azote) doit être compris entre 20 et 30 si l'on veut obtenir une décomposition rapide. Les matériaux sont ensuite broyés sur la place de travail, puis stockés dans des compartiments en béton couverts, afin d'éviter une trop grande humidité en cas de pluie. De l'air pulsé est envoyé dans la masse à composter par la partie inférieure (à l'aide de ventilateurs). Périodiquement, la masse est brassée à l'aide d'une vis commandée par un système informatique, pour éviter des tassements empêchant le passage de l'air pulsé. Le futur compost ne doit être ni trop sec ni trop humide. Il est prévu d'ajouter de l'eau (de pluie) si nécessaire. Des sondes mesurent en permanence les principaux paramètres, soit la température et l'humidité.
Dans le système Compag, utilisé par Cridor, la température monte à 70°C env. avec des pointes à 80 °C. A ces températures, les graines sont détruites, à l'exception de celles de chardon et de rumex. La vis se déplace d'une cellule à l'autre et effectue son travail de brassage là où cela s'avère nécessaire. Selon les besoins, les tas sont humidifiés automatiquement. Le toit de l'installation est assez grand pour permettre la récupération de l'eau de pluie et améliorer ainsi l'écobilan du système. Après une période de 6 à 8 semaines, le compost est "mûr" et peut être utilisé ou stocké en attendant preneur. L'altitude (1000 m) de l'installation ne pose pas de problème, car le produit, en se décomposant, dégage de la chaleur. Lorsqu'il fait froid, le processus est simplement ralenti.
3) Quelle est la qualité de ce compost?
Afin de garantir un produit de très bonne qualité, des analyses du compost sont effectuées, au minimum 4 fois par année, par un laboratoire reconnu. Elles portent sur les valeurs nutritives (phosphates et autres sels), ainsi que sur les traces de métaux lourds. Les résultats sont à la disposition des agriculteurs afin de leur indiquer combien ils peuvent utiliser de compost à l'hectare dans le cadre d'une agriculture intégrée.
La récolte des déchets verts demande effectivement quelques précautions pour éviter le début de la décomposition pendant les quelques jours de conservation avant le ramassage. On choisira un récipient à couvercle placé à l'écart d'une source de chaleur. L'idéal serait bien sûr de placer le récipient à l'extérieur, mais ce n'est pas toujours possible. Selon notre expérience, la récolte des déchets verts ne pose pas de problème, sauf si l'on déverse dans la boîte à compost des aliments qui sont de toute façon interdits pour la tournée verte (déchets carnés). L'opération de compostage proprement dite (transformation bactérienne) se déroule à la station de Cridor. Le processus dégage une odeur de terreau, pas du tout désagréable, mais que l'on ne tolérerait pas dans une cuisine.
5) Peut-on planter des fleurs directement dans du compost?
Non. Le compost, sans être un engrais, est très riche en phosphates. Si vous plantez des fleurs directement dans le compost, les racines seront brûlées. Il doit être mélangé avec de la terre ou du terreau à raison d'une part de compost pour deux parts de terre en moyenne. Si la terre est déjà de bonne qualité, on réduira la dose; à l'inverse, on pourra l'augmenter pour une terre pauvre ou de mauvaise qualité.
6) Est-ce que les excréments sont admis dans le compost?
Les excréments sont exclus de la Tournée verte pour des raisons d'hygiène (odeurs, transmission de maladies, etc.). Ils sont indésirables dans ce type de transformation: le compostage n'a strictement rien à voir avec le fumier.
7) Peut-on composter des mauvaises herbes sans craindre de contaminer le jardin nourri avec ce compost?
Vous pouvez sans problème mettre vos mauvaises herbes au compost, à deux exceptions près: le rumex et les chardons. La température à laquelle les déchets verts sont soumis n'est pas assez élevée pour détruire totalement ces deux plantes, qui se feraient un plaisir de coloniser à nouveau nos jardins.
